Jesus-Christ est Roi

Que la paix et la joie de Dieu soit avec vous

Le combat spirituel.

Ou : La mani√®re biblique de lier et d√©lier

 

Note de l'Enseignant : Ce message ne traite pas le problème de la délivrance individuelle. Il expose et dénonce certaines pratiques non bibliques concernant le combat spirituel en général.

 

Nous voyons beaucoup de monde aujourd'hui utiliser le fait de "lier" et de "délier" comme un exercice de leur autorité de Chrétiens sur Satan et les puissances démoniaques dans les lieux célestes. De nombreuses personnes sont convaincues de l'efficacité de cette pratique, en raison des résultats qu'elles obtiennent.

 

Les Chr√©tiens affirment qu'ils disposent de l'autorit√© et de la puissance de lier et de d√©lier le diable et les d√©mons. Certains affirment qu'ils peuvent aussi lier des maladies, comme le cancer, et d√©lier les gens de l'emprise du diable et de ses Ňďuvres, comme de la pauvret√© par exemple.

 

Pourtant, apr√®s deux ann√©es de je√Ľne et de pri√®re pour que les Olympiades Homosexuelles ne se d√©roulent pas au Canada, les Chr√©tiens de ce pays n'ont pas pu emp√™cher ces Jeux de se passer √† Vancouver. En Avril 1991, David Wilkerson a √©crit dans sa lettre de nouvelles : "Tous les efforts de l'Eglise am√©ricaine n'ont pas pu emp√™cher la sortie du film blasph√©matoire "La derni√®re tentation de Christ." Au cours des vingt-cinq derni√®res ann√©es, est-ce que l'Eglise a mis un terme √† l'avortement ? Non ! C'est m√™me pire qu'avant ! Il y a m√™me des Chr√©tiens qui proclament qu'ils sont en train de conqu√©rir le monde pour Christ ! Mais je ne connais pas encore un seul pays qu'ils aient conquis !"

 

On offre aujourd'hui toutes sortes de s√©minaires sur le combat spirituel. Toutes sortes de r√©unions de pri√®res sont organis√©es pour entra√ģner l'Eglise √† occuper ses positions, et √† "reprendre ce qui lui appartient l√©galement." L'Eglise devient militante et cherche s√©rieusement √† conqu√©rir le terrain pour Christ. Toutes sortes de Chr√©tiens remplis de bonnes intentions sont form√©s √† lutter pour d√©barrasser la soci√©t√© et nos villes du diable et du p√©ch√©, en exer√ßant leur autorit√© et en faisant toutes sortes de pri√®res, de d√©clarations et d'actions agressives. Ils exercent leur autorit√© biblique sur les d√©mons en les liant, voire en injuriant les anges d√©chus et en les renvoyant dans l'ab√ģme d'o√Ļ ils sont sortis. En r√©alit√©, les d√©mons ne viennent pas de l'ab√ģme, et ne sont pas destin√©s √† √™tre jet√©s dans l'ab√ģme, comme nous le verrons plus tard.

 

Ces pratiques s'appuient en particulier sur les passages suivants : Matthieu 12:29 et 18:18, et Marc 3:27.

 

J√©sus a dit dans Matthieu 28:18-20 : "Tout pouvoir m'a √©t√© donn√© dans le ciel et sur la terre. Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du P√®re, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur √† observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'√† la fin du monde." La toute-puissance appartient √† J√©sus. Elle ne nous appartient pas. Nous avons besoin d'√™tre sous l'autorit√© du Seigneur pour pouvoir exercer la moindre autorit√©.

 

Certains utilisent aussi la "cartographie spirituelle" pour identifier les forteresses de Satan dans certaines r√©gions. Cela consiste √† dresser une carte g√©ographique sp√©ciale sur laquelle sont report√©s les r√©sultats de leurs recherches. Ceux qui sont impliqu√©s dans ce mouvement font des recherches sur l'histoire des localit√©s ou des r√©gions, afin d'apprendre ce qui a pu leur attirer des mal√©dictions ou des liens spirituels, comme la pratique de fausses religions. En connaissant les d√©tails de l'histoire pass√©e, ou des activit√©s actuelles, les "combattants spirituels" peuvent apprendre comment lier efficacement les puissances qui contr√īlent ces endroits.

 

On croit ainsi que des "esprits territoriaux" contr√īlent des villes, des √©coles, des d√©nominations, des religions, etc‚Ķ Ces esprits territoriaux sont des principaut√©s d√©moniaques de haut rang, qui "s'efforcent de maintenir en captivit√© spirituelle un grand nombre d'√™tres humains" (selon Peter Wagner, dans son ouvrage : "Confronting The Powers, page 22 de l'√©dition am√©ricaine).

 

On utilise certaines méthodes, imitées par exemple de la prise de Jéricho, dans le livre de Josué. On imite ce que fit Josué, qui marcha avec les Hébreux autour de la cité, en soufflant dans des trompettes. Le septième jour, les murailles s'écroulèrent. Des Chrétiens font ainsi des "marches de prière," et poussent des cris contre l'ennemi, en chantant et en priant, jusqu'à ce que les murailles spirituelles dressées par l'ennemi s'écroulent.

 

Ces Chrétiens reçoivent aussi des "paroles de connaissance" directement de Dieu. Cela devient même un élément essentiel de la réussite de ce combat spirituel, sous peine de manquer le but recherché, c'est-à-dire lier les démons. Les guerriers spirituels sensibles à l'Esprit reçoivent ainsi la révélation des noms de ces démons, mais par des sources extra bibliques.

 

Les principaux promoteurs de ces marches de prières sont Steve Hawthorne et Graham Kendrick, organisateur des "marches pour Jésus." Ils appellent cela "faire des marches de prière," ou "prier sur le site" en toute connaissance spirituelle. Cela est même devenu une nouvelle sorte de cliché spirituel. Ceux qui ont reçu le discernement spirituel reçoivent des informations stratégiques directement du Saint-Esprit. On peut se demander comment on peut vérifier l'exactitude de ces révélations, si ce n'est par l'expérience.

 

Il n'y a certainement rien de mal à marcher et à prier. Mais c'est l'objectif de ces "marches de prière" qui en pervertit la signification. Ces marches de prière sont faites pour confronter l'ennemi, pour le repousser dans ses retranchements, et pour lier sa puissance, par le moyen des louanges et des chants de combat spirituel. On prétend que les démons ne peuvent pas supporter les louanges adressées à Dieu, et que cela les oblige à fuir.

 

Les Chr√©tiens sont entra√ģn√©s dans des programmes intensifs, qui comportent diff√©rents niveaux strat√©giques d'intercession et de pri√®re. On leur apprend √† s'adresser nomm√©ment √† Satan et √† ses d√©mons. On d√©truit ensuite les forteresses b√Ęties par l'ennemi, afin de purifier des villes et des r√©gions enti√®res de la pr√©sence du p√©ch√©.

 

On utilise aussi une autre technique, qui consiste à pratiquer la repentance par identification. On confesse les péchés des ancêtres, ou les péchés que nos pères ont commis contre d'autres races, et on leur demande pardon à leur place. Par cette repentance ancestrale et l'intercession correspondante, on prétend effacer les péchés commis par les générations antérieures. On enseigne que cela doit être fait, pour que Dieu puisse pardonner ces péchés.

 

Dans l'un de ses ouvrages, un pasteur d'Hawaii se repent pour tous les Chr√©tiens qui l'ont pr√©c√©d√© dans cette √ģle, et qui ont offens√© les Hawaiiens d'origine, d'une mani√®re ou d'une autre, et il leur en demande pardon. Certes, cela proc√®de d'une bonne intention. Mais nous ne devons pas oublier que le pardon concerne seulement les relations entre des individus. Un individu ne peut pas repr√©senter une race enti√®re. Un groupe d'individus ne peut pas repr√©senter un autre groupe. Surtout quand ceux qui ont √©t√© offens√©s ne sont plus pr√©sents ou vivants pour pouvoir pardonner !

 

Au cours de ces sessions de combat spirituel, l'auditoire est appelé à participer activement. On invoque toutes sortes d'esprits, depuis les esprits d'adultère, de convoitise, d'homosexualité, jusqu'aux esprits d'alcoolisme et d'impureté sexuelle. Les émotions des participants sont surexcitées à la pensée des résultats qu'ils vont obtenir. Mais cela ne justifie aucunement les moyens employés, ni les résultats obtenus. En général, ces résultats sont nuls, si ce n'est le fait que les participants se sentent bien, ont le sentiment d'appartenir à une armée, apprécient l'esprit de camaraderie, et sont heureux d'avoir exercé leur autorité spirituelle sur l'ennemi.

 

Ces combattants croient qu'en agissant ainsi, ils vont d√©gager tous les obstacles √† la pr√©dication de l'Evangile. Il y a toutefois un probl√®me th√©ologique : les Chr√©tiens veulent reprendre eux-m√™mes possession de la terre. Il s'agit en fait de la th√©ologie de la restauration, qui n'a aucun fondement biblique. Ce n'est qu'au cours du Mill√©nium que Christ Lui-m√™me restaurera la terre. Il ne nous a pas donn√© l'autorit√© ou le pouvoir de le faire nous-m√™mes maintenant.

 

Nous ne pourrons jamais christianiser le monde. Nous ne pouvons que convertir des individus à Christ. Nous le ferons non pas en liant des démons pour que ces individus soient libérés, mais en leur prêchant l'Evangile et en faisant d'eux des disciples.

 

J√©sus a dit dans Marc 3:27 : "Personne ne peut entrer dans la maison d'un homme fort et piller ses biens, sans avoir auparavant li√© cet homme fort ; alors il pillera sa maison." Cela ne peut pas signifier que J√©sus nous demande de commencer par lier Satan chaque fois que l'on veut annoncer l'Evangile quelque part, afin de balayer les obstacles. Car ni J√©sus ni les ap√ītres ne l'ont fait. Nous ne pourrons pas emp√™cher les gens de p√©cher en liant les d√©mons.

 

Certes, la prière peut conduire Dieu à accomplir des miracles. Mais nous n'avons pas l'autorité de faire ce que seul Dieu peut faire. Chaque être humain doit faire un choix personnel. Si quelqu'un ne veut pas être délivré, nous ne pouvons pas lui imposer de force sa délivrance, qu'il s'agisse d'une personne ou d'une ville.

 

Fondamentalement, le vrai combat spirituel concerne le combat que nous avons à mener, chacun d'entre nous, contre nos désirs de pécher, désirs que l'ennemi tente d'utiliser à son avantage. Il va s'efforcer d'annuler notre efficacité et de nous tenter, pour que nous marchions d'une manière contraire à la Parole de Dieu.

 

Si nous voulons bien √©tudier les Ecritures sans id√©e pr√©con√ßue, nous devons nous rendre compte que notre pri√®re ne doit s'adresser qu'√† Dieu seul. Dans Galates 5:19-22, toutes les mauvaises Ňďuvres de la chair sont √† mettre sur le compte non pas des d√©mons, mais de notre nature humaine d√©chue, qui s'exprime par la chair. Les d√©mons peuvent certainement nous s√©duire et nous pousser √† nous livrer aux mauvais d√©sirs de la chair. Mais, si nous sommes honn√™tes, nous ne devons pas chercher ailleurs qu'en nous-m√™mes la cause de tous le mal que nous voyons dans le monde aujourd'hui.

 

Certes, la Bible dit que Satan est le prince de ce monde (Jean 12:31), le dieu de ce monde (2 Cor. 4:4) et le prince de la puissance de l'air (Ephésiens 2:2).

 

Mais cela ne nous autorise nullement à entrer dans un combat spirituel perverti, par lequel des Chrétiens croient libérer des villes, des groupes ethniques ou des régions entières de l'emprise des démons, en liant l'homme fort. Il est vrai que les religions sont le fruit d'une séduction spirituelle. Mais beaucoup d'entre elles ont été également inventées par l'imagination humaine. On n'est pas toujours nécessairement lié par des démons quand on est aveuglé à l'Evangile.

 

Selon la th√©ologie pa√Įenne, quand un dieu gagnait un combat contre un autre dieu, il s'emparait de ses biens et de son territoire. Les Gnostiques croyaient aussi que l'on pouvait terrasser le d√©mon principal qui contr√īlait une r√©gion, afin de la gagner pour le Seigneur. Ils pensaient donc que les d√©mons avaient construit des forteresses spirituelles dans les cieux, au-dessus de chaque ville.

 

Cela ressemble tout √† fait √† la philosophie qui sous-tend le Mouvement du Combat Spirituel, quand il s'agit de reconqu√©rir par la force les villes pour Dieu. Dans la religion de Zoroastre, une religion persane gnostique, on croyait qu'il existait deux principaux dieux : "un dieu bon, qui contr√īlait le monde spirituel, et un dieu mauvais, qui contr√īlait le monde physique‚Ķ On r√©glait le probl√®me du mal en rendant le mauvais dieu (ou le diable) responsable de tout ce qui n'allait pas, et en ne consid√©rant le dieu bon que comme une puissance √©quilibrante. On reste sur l'impression que ces deux dieux ont chacun la m√™me puissance, qualitativement et quantitativement. Tout ce qui ne va pas dans notre monde est la faute du mauvais dieu. Et c'est √† l'initi√© ou au croyant de faire en sorte que ce soit le dieu bon qui gagne" (The Agony of Deceit, Moody Press, page 133 de l'√©dition am√©ricaine).

 

Dans la religion des Vikings, Odin, le dieu principal, était un dieu bon. Chaque fois que quelque chose n'allait pas, c'était la faute du mauvais dieu, Loki. Aujourd'hui, beaucoup de Chrétiens pensent que Dieu est Celui qui leur fait toujours du bien et qui les conduit dans l'abondance, alors que le diable ne pense qu'à les dépouiller, à les faire souffrir et à s'opposer à leurs prières. La Bible nous enseigne pourtant que Dieu est aussi un destructeur, et qu'Il nous privera de certaines choses s'Il le juge bon. La situation n'est pas toujours aussi simple que certains voudraient le croire.

 

Dans Actes 17, Paul se trouve dans Ath√®nes, une ville remplie d'idol√Ętrie, enti√®rement adonn√©e √† l'idol√Ętrie. Comment agit-il dans cette situation ? Il ne s'est pas lanc√© dans des pri√®res de combat spirituel contre Zeus et Apollon. Il n'a pas li√© les esprits d'idol√Ętrie qui contr√īlaient cette ville. Il est all√© pr√™cher la parole √† tous ceux qu'il pouvait rencontrer dans les synagogues ou sur la place publique. Il a fini par se trouver sur l'Ar√©opage, o√Ļ il a d√©fi√© toutes les philosophies de l'√©poque. Il a pr√™ch√© l'Evangile, et leur a pr√©sent√© √† ses auditeurs l'enseignement de Christ d'une mani√®re accessible √† leur raison. Il leur a en particulier annonc√© la r√©surrection, alors qu'il savait que ce serait quelque chose qu'ils auraient du mal √† accepter. Puis il les a pouss√©s √† prendre une d√©cision.

 

En quoi consiste r√©ellement l'autorit√© du Chr√©tien ?

 

Dans la Bible, nous voyons Jésus, Paul et les soixante-dix disciples chasser les démons de gens qui n'étaient pas des Chrétiens. Dans Luc 10:19, Jésus donne aux 70 disciples autorité sur les serpents et les scorpions, et sur toute la puissance de l'ennemi. On voit de nombreux autres exemples de démons chassés, par exemple dans Matthieu 10:1, Marc 5:1-20 et 9:39-39, Luc 10:17, Actes 8:7 et 19:11-12.

"Voici, je vous ai donn√© le pouvoir de marcher sur les serpents et les scorpions, et sur toute la puissance de l'ennemi ; et rien ne pourra vous nuire. Cependant, ne vous r√©jouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis ; mais r√©jouissez-vous de ce que vos noms sont √©crits dans les cieux" (Luc 10:19-20).

"Quand J√©sus fut entr√© dans la maison, ses disciples lui demand√®rent en particulier : Pourquoi n'avons-nous pu chasser cet esprit ? Il leur dit : Cette esp√®ce-l√† ne peut sortir que par la pri√®re" (Marc 9:28-29). Bien qu'ils aient re√ßu autorit√© sur toute la puissance du malin, les disciples n'avaient pas pu chasser ce d√©mon-l√†. J√©sus leur dit que cette esp√®ce de d√©mon ne pouvait sortir que par la pri√®re et le je√Ľne. Les disciples ne disposaient donc pas d'une toute-puissance automatique sur tous les d√©mons, car certains ne sortent que par la pri√®re et le je√Ľne. En d'autres termes, les disciples devaient continuer √† d√©pendre de Dieu seul, et pas de l'autorit√© que J√©sus leur avait donn√©e auparavant.

Il est donc clair que nous devons d'abord prier Dieu, sans commencer √† lier ou √† expulser les d√©mons √† coups de poings spirituels. Ce n'est pas nous qui avons toute autorit√©, c'est J√©sus. Chasser les d√©mons n'√©tait pas le th√®me central du minist√®re des disciples. Quand les 70 disciples sont revenus de leur tourn√©e, ayant us√© de leur autorit√©, J√©sus leur dit qu'ils devaient plut√īt se r√©jouir d'avoir leurs noms inscrits dans les cieux. Leur minist√®re √©tait plut√īt de pr√™cher l'Evangile. C'est dans l'Evangile seul que r√©side la puissance de lib√©rer les hommes. D√®s que Christ vient habiter dans un homme, la puissance de l'ennemi est d√©truite dans cette vie (1 Jean 3:8).

Nous pouvons certainement chasser des d√©mons. Cependant, J√©sus a dit que si la maison √©tait balay√©e et orn√©e, mais vide, la situation serait pire qu'auparavant, car l'ennemi reviendrait avec sept esprits plus m√©chants que lui (Matthieu 12:43-45). J√©sus utilisait aussi cet exemple pour montrer ce qui allait arriver √† la nation d'Isra√ęl si elle ne L'acceptait pas. Elle fut d√©truite et dispers√©e.

Comment devons-nous donc interpr√©ter des passages comme Luc 10:19 ? Jacques nous dit que si nous sommes attaqu√©s par l'ennemi, nous devons d'abord nous soumettre √† Dieu, et r√©sister au malin dans le Saint-Esprit. C'est alors que le diable s'enfuira. Si nous nous trouvons dans une d√©sob√©issance quelconque, nous devons d'abord nous soumettre √† Dieu, puis r√©sister au malin. L'ennemi ne pourra tenir, puisqu'il n'a plus aucune chose √† laquelle s'accrocher dans notre vie.

Nous ne voyons jamais les ap√ītres commencer par chasser les d√©mons avant d'entrer dans une ville nouvelle, ou √† faire des r√©unions de pri√®re pour abattre les forteresses d√©moniaques sur les villes, les peuples ou les religions. On ne voit pas m√™me l'ombre d'un tel enseignement dans la Parole de Dieu.

Paul lui-m√™me a √©t√© victime d'un ange de Satan. C'√©tait cela son √©charde dans la chair, dont il parle dans 2 Cor. 12:8. Cela aurait √©t√© l'occasion id√©ale pour qu'il exerce son autorit√© spirituelle sur Satan. Au lieu de cela, nous le voyons prier Dieu pour qu'Il lui enl√®ve cette √©charde. Paul n'a pas chass√© ce d√©mon. Il n'a pas cherch√© √† savoir comment ce d√©mon pouvait exercer son action. La r√©ponse de Dieu lui a donn√© l'assurance que la gr√Ęce du Seigneur lui suffisait. Paul n'a jamais eu la pens√©e qu'il pouvait chasser ce d√©mon. Une telle attitude serait-elle jug√©e acceptable par ceux qui sont engag√©s dans le combat spirituel aujourd'hui ? Je crois que non ! Nous pouvons aussi voir que ce d√©mon ne se trouvait pas √† l'int√©rieur de Paul, car, dans ce cas, il aurait eu besoin de d√©livrance. Nous pouvons √™tre tent√©s, afflig√©s, oppress√©s et m√™me harcel√©s par l'ennemi, mais nous ne pouvons pas √™tre poss√©d√©s par lui quand nous sommes Chr√©tiens.

Ceux qui parlent de "lier" et de "d√©lier" prennent donc ces deux termes hors de leur contexte biblique, et s'en servent pour entra√ģner dans des exercices spirituels les Chr√©tiens qui cherchent √† avoir plus de puissance. H√©las, ce Mouvement a toujours du succ√®s, et entra√ģne de nombreux Chr√©tiens dans des exercices spirituels futiles.

Certains de vous se souviennent peut-√™tre de l'arm√©e spirituelle de Larry Lea, il y a dix ans, lorsqu'il rassemblait 300.000 personnes pour le combat spirituel. Bien entendu, il en co√Ľtait quand m√™me 100 dollars par personne pour avoir le privil√®ge d'appartenir √† ce corps d'√©lite ! J'ai eu l'occasion de voir sur une cassette vid√©o de quelle mani√®re il leur apprenait √† tirer leur √©p√©e spirituelle, pour lier et tailler en pi√®ces l'ennemi, en faisant de grands moulinets avec leur √©p√©e. C'est de cette mani√®re que le monde conduit ses batailles, sauf qu'en l'occurrence, ce combat √©tait purement imaginaire. Pierre a bien tir√© l'√©p√©e pour prot√©ger J√©sus lorsqu'on est venu L'arr√™ter, et il a emport√© l'oreille du serviteur du Souverain Sacrificateur. Ce n'est pas un troph√©e trop int√©ressant, m√™me dans une bataille charnelle ! J√©sus lui a dit : "Remets ton √©p√©e √† sa place ; car tous ceux qui prendront l'√©p√©e p√©riront par l'√©p√©e" (Matthieu 26:52). Nous ne pouvons pas utiliser des m√©thodes charnelles pour gagner des batailles spirituelles.

Comment devons-nous donc exercer notre autorit√© sur Satan et ses d√©mons dans le monde spirituel ?

Dans 2 Pierre 2:9-12, l'ap√ītre parle de ceux qui marchent selon la chair, et qui injurient les anges d√©chus. Ces anges sont sup√©rieurs √† nous. Nous ne devons ni les injurier ni les accuser. M√™me s'ils sont nos ennemis, nous devons continuer √† les respecter, en raison de leur position.

Dans Jude 8-10, l'auteur d√©crit certaines personnes dans l'Eglise, qui m√©prisent l'autorit√©, et qui parlent mal de ceux √† qui Dieu avait donn√© une position d'autorit√©. Ils se rebellent non seulement contre le gouvernement (√† l'√©poque, c'√©tait un gouvernement mondial unique), mais ils injurient aussi les gloires. La plupart des commentateurs disent qu'il s'agit des anges d√©chus, ce qui correspond le mieux au contexte : "Malgr√© cela, ces hommes aussi, entra√ģn√©s par leurs r√™veries, souillent pareillement leur chair, m√©prisent l'autorit√© et injurient les gloires. Or, l'archange Michel, lorsqu'il contestait avec le diable et lui disputait le corps de Mo√Įse, n'osa pas porter contre lui un jugement injurieux, mais il dit : Que le Seigneur te r√©prime ! Eux, au contraire, ils parlent d'une mani√®re injurieuse de ce qu'ils ignorent, et ils se corrompent dans ce qu'ils savent naturellement comme les brutes."

Pierre et Jude mentionnent donc tous deux les hommes qui n'ont aucun respect pour ceux qui occupent une position √©lev√©e, m√™me s'il s'agit d'anges d√©chus qui seront jug√©s. M√™me l'archange Michel n'a pas port√© contre Satan de jugement injurieux, mais s'est content√© de lui dire : "Que le Seigneur te r√©prime !" Satan est toujours une autorit√© du plus haut niveau. Michel ne lui a t√©moign√© d'aucun manque de respect, bien que Satan soit son ennemi. Il a remis toute l'affaire entre les mains de Dieu, faisant confiance au Seigneur pour qu'Il S'interpose entre eux. Si un archange occupant la position de Michel reste prudent sur la mani√®re de traiter son ennemi, √† combien plus forte raison devrions-nous l'√™tre !

Ceux qui parlent mal des anges déchus ne font que prouver qu'ils ne comprennent pas vraiment à qui ils ont affaire.

Pour r√©sumer ce qui pr√©c√®de, nous pouvons dire que nous n'avons pas l'autorit√© d'encha√ģner les d√©mons ou de les chasser des villes. Ceux qui pr√©tendent pouvoir le faire ne prouvent pas par leurs r√©sultats qu'ils font un bon travail ! S'ils ont li√© les d√©mons, combien de temps les Ňďuvres de ces derniers vont-elles continuer √† se manifester ? Depuis le temps, tous les d√©mons de la plan√®te devraient √™tre incarc√©r√©s depuis longtemps ! Qui est celui qui les lib√®re tout le temps ?

La Bible nous dit que le monde va devenir de plus en plus mauvais, et que nous allons vivre des temps p√©rilleux. Nous les vivons d√©j√†, et nous ne pourrons pas les √©viter. Tout cela aboutira √† l'ouverture des sept sceaux, lorsque les jugements de Dieu s'abattront sur une humanit√© rebelle. Nous ne pouvons pas encore lier Satan. Il ne sera li√© qu'au d√©but du Mill√©nium, par un ange bien pr√©cis qui l'encha√ģnera pour mille ans. Cela ne nous emp√™che pas de faire le bien, et d'√™tre la lumi√®re et le sel du monde, au milieu d'une soci√©t√© en voie de putr√©faction.

Nous disposons cependant dès aujourd'hui de l'autorité et de la puissance nécessaires pour résister aux tentations et aux mensonges du diable, en nous soumettant à Dieu, en demeurant en Christ, et en nous revêtant de toute l'armure de Dieu (Ephésiens 6:12 et Jacques 4:7).

Nous sommes dans le monde. Mais si nous refusons son influence en obéissant à Jésus, le malin ne peut pas nous toucher. Dans Jean 17:15, Jésus prie que nous soyons préservés du malin. Nous pouvons résister à ses tentations, parce que Celui qui est en nous est plus grand que celui qui est dans le monde. Si nous marchons dans la lumière, nous avons le discernement pour déjouer ses plans. Le malin ne peut nous vaincre et nous garder captifs, parce que nous sommes dans cette lumière qui est dans le monde.

Ceux qui rendent les démons responsables des péchés qui les dominent doivent dépendre d'une personne "ointe" qui les délivrera de ces démons. Après avoir été délivrés, ils rentrent chez eux avec l'impression que leur problème a été réglé. Mais ils ne se rendent pas compte que la plupart de leurs problèmes viennent de leur nature de péché, qui demeure en eux. Que ce soit un "démon de tabac," de "mauvaise vue," ou simplement de convoitise, comme leur problème n'est pas réglé, et qu'il refait surface, les gens ont l'impression qu'ils sont attaqués par de nouveaux démons. Leur délivrance n'était qu'un placebo, qui ne résultait que de la puissance de la suggestion. Ils n'ont jamais traité la cause profonde de leur problème.

La Bible nous dit qu'aussi longtemps que nous serons dans notre corps, nous aurons à lutter contre notre ancienne nature, qui veut continuellement refaire surface. C'est la raison pour laquelle Paul nous demande de considérer notre vieux "moi" comme mort. Un démon ne peut jamais nous pousser à faire quoi que ce soit, sinon en s'appuyant sur ce qui existe déjà en nous, c'est-à-dire notre propre convoitise (Jacques 1:14-16).

Les partisans du combat spirituel utilisent l'exemple du Prince de Perse, dans le Livre de Daniel. Si nous √©tudions ce r√©cit de plus pr√®s, nous voyons que nous ne pouvons pas l'interpr√©ter comme un exemple de combat spirituel. Daniel n'a pas pri√© pour lier le Prince de Perse. Il ne savait m√™me pas qu'il y avait un combat spirituel dans les lieux c√©lestes. Il priait pour recevoir la r√©v√©lation d'une proph√©tie. Il cherchait √† conna√ģtre ce qu'il adviendrait pour son peuple. Ce Prince de Perse n'est pas tomb√© entre les mains de Daniel, ni dans celles de l'archange Michel. Personne ne l'a envoy√© en enfer. Il a √©t√© remplac√© par une autre autorit√© satanique, le Prince de Gr√®ce (ou de Javan), qui √©tait encore pire que lui. S'il s'agissait donc de lier des d√©mons, comme le disent les adeptes du combat spirituel, ce fut un fiasco !

Quand Mo√Įse a conquis les dieux de l'Egypte par la main de Yaweh, Isra√ęl a √©t√© d√©livr√© de l'oppression de Pharaon. Mais les H√©breux ne sont pas retourn√©s en Egypte pour conqu√©rir ce pays pour Dieu. Ils se sont dirig√©s vers la terre promise. C'est aussi ce que nous devons faire. Nos yeux doivent rester fix√©s sur notre patrie c√©leste, dont nous sommes les sujets. La domination de la terre ne doit pas nous concerner. Il est √©galement important de noter que les H√©breux ont √©t√© lib√©r√©s par le sang de l'agneau et par la Parole de Dieu. Ils ont fait confiance √† ce que leur avait dit le Seigneur et √† Sa promesse de protection.

"Le Fils de Dieu a paru afin de d√©truire les Ňďuvres du diable" (1 Jean 3:8).

Remarquez que J√©sus est venu pour d√©truire les Ňďuvres du diable, et pas le diable lui-m√™me. Satan a √©t√© vaincu √† la croix : "Il (J√©sus) a d√©pouill√© les dominations et les autorit√©s, et les a livr√©es publiquement en spectacle, en triomphant d'elles par la croix" (Col. 2:15). Le sort du diable et de ses anges est d√©j√† scell√©. Pourtant, Dieu leur permet d'exercer encore leur activit√©. Mais ils n'ont plus de pouvoir sur les Chr√©tiens. Le diable travaille dans les fils de la r√©bellion, et il continuera √† le faire, jusqu'√† ce qu'il soit encha√ģn√© par Dieu, pas par nous.

 

Ce que la Bible entend par "lier et délier."

 

Afin de bien comprendre le sens r√©el de cette expression, nous devons √©tudier le passage o√Ļ elle est employ√©e pour la premi√®re fois, dans Matthieu 16:13-20. Rappelez-vous que tout passage de l'Ecriture doit √™tre √©tudi√© dans son contexte, afin de bien comprendre l'intention originelle de l'auteur.

"J√©sus, √©tant arriv√© dans le territoire de C√©sar√©e de Philippe, demanda √† ses disciples : Qui dit-on que je suis, moi, le Fils de l'homme ? Ils r√©pondirent : Les uns disent que tu es Jean-Baptiste ; les autres, Elie ; les autres, J√©r√©mie, ou l'un des proph√®tes. Et vous, leur dit-il, qui dites-vous que je suis ? Simon Pierre r√©pondit : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. J√©sus, reprenant la parole, lui dit : Tu es heureux, Simon, fils de Jonas ; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t'ont r√©v√©l√© cela, mais c'est mon P√®re qui est dans les cieux. Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je b√Ętirai mon Eglise, et que les portes du s√©jour des morts ne pr√©vaudront point contre elle. Je te donnerai les clefs du royaume des cieux : ce que tu lieras sur la terre sera li√© dans les cieux, et ce que tu d√©lieras sur la terre sera d√©li√© dans les cieux. Alors il recommanda aux disciples de ne dire √† personne qu'il √©tait le Christ" (Matthieu 16:13-20).

J√©sus demande d'abord √† Ses disciples : "Qui dit-on que je suis ?" Pierre donne la r√©ponse, parce qu'il avait re√ßu du P√®re la r√©v√©lation que J√©sus √©tait le Messie, le Fils du Dieu Vivant.

J√©sus d√©clare ensuite qu'Il b√Ętira Son Eglise sur la confession que Pierre vient de faire, c'est-√†-dire celle de la divinit√© de Christ. C'est sur cette confession fondamentale que le Seigneur b√Ętit Son Eglise. Les portes du s√©jour des morts ne pr√©vaudront pas contre elle.

C'est alors que le Seigneur parle de lier et de d√©lier. J√©sus S'adresse √† Pierre, et lui donne les clefs du Royaume des cieux : "Ce que tu lieras sur la terre sera li√© dans les cieux, et ce que tu d√©lieras sur la terre sera d√©li√© dans les cieux."

Le fait de donner des clefs √† quelqu'un signifie qu'on lui confie une t√Ęche importante. Dans l'Ecriture, les clefs sont un symbole d'autorit√© et de puissance. J√©sus confie √† Pierre cette autorit√©, pour le r√īle qu'il devra jouer au commencement de l'Eglise.

L'expression "lier et d√©lier" √©tait employ√©e dans deux domaines : dans le domaine judiciaire, et dans le domaine l√©gislatif. "Lier," dans le domaine judiciaire, signifiait "punir." "D√©lier" signifiait "lib√©rer de la punition." Dans le domaine l√©gislatif, "lier" signifiait "interdire," et "d√©lier" signifiait "permettre."

Ces deux termes étaient aussi employés par les Rabbins, pour exprimer l'autorité dont ils disposaient pour interpréter les Ecritures. "Lier" signifiait "interdire quelque chose." "Délier" signifiait "permettre quelque chose." Par exemple, en ce qui concerne le fait de ramasser du bois le jour du sabbat, l'école de Shammei le "liait," c'est-à-dire l'interdisait, alors que l'école de Hillel le "déliait," c'est-à-dire le permettait. Les Pharisiens avaient recours à cette autorité législative pour interpréter les Ecritures, afin de permettre ce qui pouvait être interdit par une loi, ou interdire ce qu'une loi pouvait permettre. En agissant ainsi, ils voulaient affermir leur propre autorité, en ajoutant à l'Ecriture des lois nouvelles. Ces lois, faites par les hommes, sont devenues "la tradition des anciens."

Nous voyons Pierre faire usage des clefs au d√©but du Livre des Actes, apr√®s la naissance de l'Eglise. Il a employ√© son autorit√© pour ouvrir la porte du Corps de Christ √† trois groupes diff√©rents, √† trois occasions diff√©rentes. Il a utilis√© ces clefs de mani√®re l√©gislative, en permettant ce qui √©tait autrefois interdit, comme permettre aux Gentils d'entrer dans le Royaume de Dieu par la foi. Il avait re√ßu une autorit√© d√©l√©gu√©e, une puissance qui se rapportait au Royaume des Cieux. Le symbole est celui d'une maison, dont les clefs sont utilis√©es pour ouvrir la porte de l'ext√©rieur. J√©sus a donn√© √† Pierre et aux autres ap√ītres les clefs du Royaume des Cieux. Il voulait dire par l√† qu'Il allait les utiliser comme instruments pour ouvrir la porte de la foi au monde, d'abord pour pr√™cher l'Evangile aux Juifs, puis pour l'annoncer plus tard aux Gentils.

Le premier discours de Pierre aux Juifs, le jour de la Pentec√īte, fait entrer 3.000 Juifs dans le salut (Actes 2:5-41). Les Juifs devaient recevoir l'Evangile les premiers, √©tant les branches naturelles de l'olivier. Mais l'Eglise qui √©tait en train d'√™tre form√©e devait comporter √† la fois des Juifs et des Gentils convertis, pour constituer un seul corps (Eph√©siens 2:14-17).

Ensuite, dans Actes 8:14-17, quand Philippe va annoncer l'Evangile aux Samaritains, c'est encore Pierre, en compagnie de Jean, qui vient leur imposer les mains pour qu'ils reçoivent l'Esprit.

Dans le sens juridique, Pierre a employé les clefs pour punir Ananias et Saphira, qui avaient menti au Saint-Esprit.

Pierre utilise encore les clefs dans un sens l√©gislatif, en "d√©liant" ce qui √©tait li√©, lorsqu'il re√ßoit sa vision, dans Actes 10:9-48. Le Seigneur lui a demand√© de manger tous les animaux qui se trouvaient dans la nappe descendue du ciel. Pierre a d'abord refus√©, parce que la loi de Mo√Įse interdisait de manger des animaux impurs. Par trois fois, le Seigneur lui a demand√© de les manger, en lui disant que ces animaux √©taient purs √† pr√©sent. Pierre se demanda ce que signifiait cette vision. Elle avait un double sens. Elle signifiait que les Chr√©tiens pouvaient √† pr√©sent manger ce qui √©tait interdit par la loi, et que les Gentils pouvaient entrer dans le peuple de Dieu. Pierre comprit que le Seigneur avait purifi√© par Son sang tout ce qui √©tait impur.

Dans Actes 10:44-48, Pierre utilise donc l'autorit√© qui lui avait √©t√© conf√©r√©e pour faire entrer les pa√Įens dans le Corps de Christ, en reconnaissant que Dieu les avait baptis√©s dans l'Esprit, comme les premiers disciples, le jour de la Pentec√īte (voir 1 Cor. 12:13).

Aujourd'hui, utiliser les clefs pour lier et d√©lier ne consiste pas √† employer une formule magique de foi pour obtenir tout ce que l'on d√©sire. On ne peut pas non plus utiliser les clefs pour lier les puissances des t√©n√®bres, afin de r√©pandre l'Evangile dans le monde sans rencontrer aucun obstacle d√©moniaque. Les ap√ītres ne l'ont jamais fait, et l'Ecriture ne l'enseigne pas. Certes, les Chr√©tiens ont re√ßu autorit√© sur les d√©mons, dans un sens g√©n√©ral. Mais ils exer√ßaient d√©j√† cette autorit√©, avant que Pierre re√ßoive les clefs. On ne voit jamais des Chr√©tiens lier des d√©mons territoriaux. Ils ne seront li√©s que dans le Mill√©nium. Lorsque Christ a chass√© la l√©gion du d√©moniaque de Gadara, Il leur a permis d'aller dans un troupeau de porcs. Il ne les a pas envoy√©s dans l'ab√ģme (Marc 5:1-13). (NdE : Il leur a m√™me permis de demeurer dans cette r√©gion, comme les d√©mons le Lui avaient demand√©).

Même dans le langage courant des Juifs, à cette époque, "lier et délier" signifiaient "interdire et permettre." Déclarer qu'une chose était illégale ou interdite revenait à "lier." Déclarer qu'une chose était légale ou permise revenait à "délier."

Le peuple incr√©dule d'Isra√ęl a √©t√© d√©pouill√© de son autorit√©, qui a √©t√© donn√©e aux ap√ītres. Certaines choses interdites par la loi de Mo√Įse sont √† pr√©sent permises aux Chr√©tiens, comme le fait de manger certains aliments. En revanche, d'autres choses permises sous la loi sont √† pr√©sent interdites. Par exemple, les Gentils convertis doivent "s'abstenir des souillures des idoles, de l'impudicit√©, des animaux √©touff√©s et du sang" (Actes 15:20). Ce n'est pas Pierre qui a d√©cid√© cela tout seul, mais tout le coll√®ge des ap√ītres. Ils ont organis√© l'Eglise sous la direction du Saint-Esprit, et ont d√©clar√© ce qui devait √™tre observ√© et ce qui devait √™tre √©vit√©. Ils inscrivirent ces r√®gles nouvelles dans les Actes et dans les √©p√ģtres.

J√©sus-Christ a ensuite donn√© aux douze le pouvoir de lier et de d√©lier, dans Matthieu 18:18-20 : "Je vous le dis en v√©rit√©, tout ce que vous lierez sur la terre sera li√© dans le ciel, et tout ce que vous d√©lierez sur la terre sera d√©li√© dans le ciel. Je vous dis encore que, si deux d'entre vous s'accordent sur la terre pour demander une chose quelconque, elle leur sera accord√©e par mon P√®re qui est dans les cieux. Car l√† o√Ļ deux ou trois sont assembl√©s en mon nom, je suis au milieu d'eux."

Nous voyons dans ce passage que le fait de lier et de d√©lier quoi que ce soit s'effectue lorsque deux ou trois Chr√©tiens, sur la terre, s'accordent dans leur cŇďur et s'assemblent au nom de J√©sus pour demander au P√®re de leur accorder quelque chose. Le contexte de ce passage est celui de la r√©conciliation et du pardon. Lorsque deux ou trois Chr√©tiens ne sont plus en communion parce que l'un a offens√© l'autre, ils doivent se pardonner mutuellement et se r√©concilier. C'est pour cela que J√©sus mentionne les deux ou trois t√©moins de Matthieu 18:16. Si aucune r√©conciliation n'est possible, on doit alors "lier," au sens juridique, c'est-√†-dire punir, et exclure de la communion fraternelle (verset 17).

 

Autres exemples donnés dans l'Ecriture.

 

Dans Esa√Įe 22:22, Eliakim re√ßoit la clef de la Maison de David. "Lier" et "d√©lier" faisaient partie des fonctions du gardien du seuil, du portier, ou de l'√©conome. Le sacrificateur avait les clefs qui lui permettraient d'entrer dans le Temple et d'avoir acc√®s √† la pr√©sence de Dieu.

 

Dans Matthieu 16, J√©sus promet √† Pierre de lui donner les clefs du Royaume. Il parle au futur. Cela signifie qu'apr√®s Sa r√©surrection et Son ascension, Il allait faire des dons aux hommes (Eph√©siens 4:8). Il a donn√© le pouvoir de lier et de d√©lier √† Pierre et aux ap√ītres.

 

Il s'agit d'un pouvoir spirituel d√©l√©gu√©. L'image est celle de clefs qui sont utilis√©es pour ouvrir un b√Ętiment de l'ext√©rieur. J√©sus a donn√© √† Pierre les clefs du Royaume des Cieux. Cela signifie que Pierre allait √™tre un instrument pour ouvrir la porte de la foi aux hommes. Il devait tout d'abord pr√™cher l'Evangile aux Juifs, puis aux Gentils. Cette porte est toujours ouverte, car l'Evangile continue √† √™tre pr√™ch√© dans le monde entier.

 

Dans Apocalypse 3:7, J√©sus S'adresse √† l'√©glise fid√®le de Philadelphie. Il affirme qu'Il d√©tient la clef de David, c'est-√†-dire l'autorit√© (Esa√Įe 9:6-7). Il peut donc ouvrir et fermer des portes pour Ses Eglises, au sens l√©gislatif de cette expression. Dans Apocalypse 1:18, J√©sus dit qu'Il d√©tient les clefs de la mort et du s√©jour des morts. Il a donc autorit√© sur la vie et la mort. C'est Lui qui juge les intentions du cŇďur (Apoc. 1:18 et 3:7). Il d√©tient √©galement les clefs du Royaume des Cieux, qu'Il a donn√©es √† Pierre et √† d'autres, dans leur fonction de portiers.

 

Dans Matthieu 28:18, nous lisons que toute autorité a été donnée à Jésus. Il est la Tête de l'Eglise et le Seigneur de l'Univers.

 

Dans Apocalypse 20:1-3, nous voyons Satan li√© par un ange pendant mille ans, apr√®s le retour du Seigneur. Cet ange d√©tient la clef de l'ab√ģme. Aujourd'hui, nous ne pouvons pas lier l'activit√© de Satan. Cela ne sera possible qu'apr√®s le retour du Seigneur, par l'autorit√© d'un ange particulier, agissant en vertu d'un pouvoir judiciaire.

 

Dans Matthieu 18:15-20, nous trouvons un autre texte mentionnant le fait de lier et délier. Ce passage concerne la discipline dans l'Eglise. Cette manière particulière de lier et de délier est toujours valable pour l'Eglise aujourd'hui. Pierre, l'un des principaux anciens, avait reçu cette autorité, compte tenu de sa fonction et de sa position dans l'Eglise.

 

Dans ce passage, nous voyons le cas d'un frère qui a offensé un autre frère. L'offensé doit tout d'abord aller trouver seul son offenseur. Si ce dernier ne veut rien entendre, ni s'accorder avec son frère, celui-ci doit alors revenir le voir avec deux ou trois témoins, afin de régler l'affaire. Si l'offenseur ne veut pas écouter, il doit être soumis à la discipline de l'Eglise, et subir une excommunication, jusqu'à ce qu'il y ait une réconciliation. Cette réconciliation doit s'effectuer selon une succession d'étapes. Le but est toujours d'obtenir une restauration.

 

Les versets 18 √† 20 parlent de deux ou trois qui sont unis dans le cŇďur pour demander une chose quelconque au P√®re, au Nom de J√©sus. Le contexte est celui d'une r√©conciliation entre fr√®res. J√©sus est alors au milieu d'eux, en tant que Conseiller et Pacificateur. Si vous √™tes assembl√©s en Son Nom, Sa volont√© est de faire r√©gner la paix en toutes situations. Aujourd'hui, l'Eglise ne peut lier et d√©lier que dans un sens judiciaire, dans une situation de discipline. Cela ne signifie pas qu'elle doit courir derri√®re les d√©mons comme un chasseur de fant√īmes !

 

Dans Jean 20:23, J√©sus conf√®re aussi aux ap√ītres une autorit√© spirituelle. Les ap√ītres doivent d√©clarer quelque chose qui est en accord avec l'Ňďuvre du Saint-Esprit dans la vie d'un p√©cheur. Le contexte est celui du salut. S'appuyant sur les promesses de Christ, les disciples peuvent d√©clarer √† ceux qui croient et qui se repentent qu'ils ont bien obtenu le salut. Ils acceptent alors comme membres de l'Eglise ceux qui ont re√ßu Christ et qui sont devenus membres de Son Corps. Cela peut aussi concerner le fait de r√©int√©grer dans l'Eglise ceux qui avaient √©t√© excommuni√©s, ou de les maintenir sous la discipline.

 

Lier et délier concerne donc l'autorité et le pouvoir que Christ a donnés aux premiers disciples, pour qu'ils utilisent les clefs, en liant et en déliant, en remettant les péchés et en les retenant. Ce pouvoir n'est pas réservé à un groupe d'élite de conducteurs spirituels. Il est conféré à tous ceux qui sont nés de nouveau par le Saint-Esprit et par la foi en Christ.

 

Un autre passage se trouve dans 2 Corinthiens 10 : 4-5 : "Car les armes avec lesquelles nous combattons ne sont pas charnelles ; mais elles sont puissantes, par la vertu de Dieu, pour renverser des forteresses. Nous renversons les raisonnements et toute hauteur qui s'√©l√®ve contre la connaissance de Dieu, et nous amenons toute pens√©e captive √† l'ob√©issance de Christ."

 

Nos armes sont la prière et la Parole. Si nous les employons correctement, les murailles s'écrouleront. Ces forteresses sont les raisonnements qui s'opposent à la vérité de Christ et de Sa Parole. Ces murailles sont construites par les fausses idéologies et philosophies qui retiennent les gens captifs. En d'autres termes, il s'agit de tout ce qui n'est pas conforme à la vérité, aux fausses manières de penser et aux vaines imaginations qui retiennent les gens captifs.

 

Il s'agit de tout ce qui constitue la fausse spiritualit√©, la sensualit√© et toutes les Ňďuvres de la chair, ainsi que les fausses th√©ories, comme celle de l'√©volution, ou les fausses doctrines, comme celle qui affirme que la mort n'est qu'une transition vers des domaines plus √©lev√©s, ou celle qui dit que nous sommes tous bons et que nous irons tous au ciel.

 

Ces forteresses de l'ennemi sont renvers√©es par la Parole de V√©rit√©. Quand on annonce l'Evangile et qu'on l'oppose √† toutes les pens√©es contraires √† la Parole de Dieu, comme lorsque Paul raisonnait avec les Juifs √† partir de l'Ecriture, on am√®ne toute pens√©e captive √† l'ob√©issance de Christ. C'est dans l'Evangile seul que nous devons tirer nos arguments. Toute la puissance de l'ennemi s'appuie sur des mensonges que les hommes consid√®rent comme la v√©rit√©. Toutes les philosophies actuelles et les id√©es de notre temps, que le monde consid√®re comme vraies, sont d√©nonc√©es par la v√©rit√© √©ternelle de Dieu comme n'√©tant que des pens√©es humaines. Tout mensonge appara√ģt comme tel √† la claire lumi√®re de la Parole de Dieu. L'Evangile est voil√© pour ceux qui p√©rissent (2 Cor. 11:14). Il nous appartient d'en conna√ģtre le sens.

 

C'est la v√©rit√© de la Parole de Dieu qui permet de renverser les raisonnements et toute hauteur qui s'√©l√®ve contre la connaissance de Dieu. Ce travail peut √©galement √™tre effectu√© en nous-m√™mes, √† mesure que nous ob√©issons √† la Parole. Des choses que nous pensions vraies, ou que nous pratiquions, nous sont r√©v√©l√©es comme √©tant contraires √† la Parole de Dieu. Elles sont renvers√©es dans notre vie, √† mesure que nous ob√©issons √† la v√©rit√©. Cela revient √† dire qu'√† mesure que vous surmontez votre d√©sob√©issance, vous punissez votre vieille nature par votre ob√©issance. Vous apprenez √† la contr√īler, au lieu de la laisser dominer sur vous.

 

Un autre passage nous parle du combat spirituel qui se d√©roule pour le contr√īle de nos sentiments et de nos pens√©es, que nous le sachions ou non. Il s'agit d'Eph√©siens 6:12 : "Car nous n'avons pas √† lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorit√©s, contre les princes de ce monde de t√©n√®bres, contre les esprits m√©chants dans les lieux c√©lestes."

 

Les esprits séducteurs exercent leur influence à partir du monde spirituel. Ce sont les mêmes esprits qui peuvent influencer les médiums et leur donner des révélations, pousser quelqu'un au suicide, ou répandre des fausses doctrines. Un esprit est caractérisé non pas par son nom, mais par son activité.

 

L'esprit d'un homme est mort, c'est-à-dire sans relation personnelle avec Dieu, tant qu'il n'est pas passé par une nouvelle naissance, par la foi en Christ et l'action purificatrice de Son sang. Cet esprit humain peut toutefois être très vivant dans ses contacts avec le monde spirituel, ou avec des esprits qui veulent lui faire croire qu'il est en contact avec Dieu.

 

Les "dominations" (archa√Į) ont autorit√© sur les nations. Les "autorit√©s" (dunameis) sont des anges de Satan investis d'une certaine autorit√©. Les "princes de ce monde de t√©n√®bres" sont des puissances spirituelles qui influencent le syst√®me mondial. Les "esprits m√©chants dans les lieux c√©lestes" constituent les troupes spirituelles de Satan, organis√©es de mani√®re militaire.

 

Ceux qui sont engagés dans le combat spirituel utilisent à tort le passage de 2 Corinthiens 10:4-5 pour enseigner comment renverser les forteresses démoniaques. Nous ne pouvons pas interpréter ce texte de cette manière.

 

La stratégie biblique du combat spirituel.

 

Eph√©siens 6:12 nous r√©v√®le que nous avons √† combattre un ennemi invisible organis√© sur le mod√®le d'une arm√©e, qui s'oppose √† l'humanit√©, et tout particuli√®rement aux Chr√©tiens. Toutefois, si nous lisons ce passage dans son contexte, nous voyons au verset 13 que nous devons nous rev√™tir de toute l'armure de Dieu, pour pouvoir tenir ferme dans le mauvais jour. Nous devons combattre sur trois fronts : celui du monde (l'amour du monde), celui de la chair (les d√©sirs de la chair), et celui du diable (avec ses s√©ductions et ses tentations). L'ennemi nous √©pie et nous suit √† la trace en cachette. Mais il perd son influence quand il est d√©couvert et quand ses Ňďuvres sont mises au grand jour.

L'ennemi nous attaquera lorsque nous sommes dans nos moments de plus grande faiblesse. Prenez l'exemple de J√©sus. Apr√®s 40 jours de je√Ľne, Il eut faim. En d'autres termes, Il aurait pu mourir de faim s'Il n'avait rien mang√©. Le diable attendit cet instant pour lancer son attaque. Lorsque J√©sus fut tent√© par le diable, Il lui r√©sista en lui citant un passage de l'Ecriture appropri√©. Il an√©antit les mensonges du diable en leur opposant la v√©rit√© correspondante. Pour avoir la victoire, nous avons besoin d'avoir une compr√©hension pratique de la Parole de Dieu. J√©sus r√©sista par trois fois √† l'ennemi en lui citant des passages de l'Ecriture adapt√©s √† chaque tentation. Lorsque J√©sus fut mis au d√©fi de r√©pondre aux questions des Sadduc√©ens, Il leur r√©pondit en citant avec autorit√© l'Ecriture. Il leur dit : "Vous √™tes dans l'erreur, parce que vous ne comprenez ni les Ecritures, ni la puissance de Dieu" (Matthieu 22:29).

C'est exactement ce que Paul veut dire lorsqu'il nous demande de nous rev√™tir de l'armure de Dieu. Nous avons besoin d'√™tre fid√®les dans notre marche chr√©tienne, en pratiquant l'ob√©issance. Sinon, nous ne serons pas capables de tenir ferme quand viendra le mauvais jour. Personne ne peut apprendre √† combattre en un seul jour. Nous avons besoin d'√™tre cons√©quents dans notre r√©sistance √† l'ennemi, sinon nous battrons en retraite au premier combat s√©rieux. Comme il est √©crit dans le livre du proph√®te J√©r√©mie : "Si tu cours avec des pi√©tons et qu'ils te fatiguent, Comment pourras-tu lutter avec des chevaux ?" (J√©r. 12:5).

"Je vous ai écrit, jeunes gens, parce que vous êtes forts, et que la parole de Dieu demeure en vous, et que vous avez vaincu le malin" (1 Jean 2:14). Si la Parole de Dieu demeure continuellement en nous, nous serons édifiés, et nous développerons nos muscles spirituels.

L'armure de Dieu décrite dans Ephésiens 6 nous parle de Christ et de l'Ecriture. Nous devons nous équiper complètement pour la bataille, et ne pas aller au combat avec juste quelques pièces de l'armure. Nous devons être entièrement équipés chaque jour, puissants dans le Seigneur, par Sa force toute puissante. Remarquez que c'est en Lui que nous nous fortifions, et non en nous-mêmes.

Toutes les pi√®ces de l'armure sont n√©cessaires au soldat pour qu'il puisse √™tre vainqueur dans la bataille. "Rev√™tez-vous de toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir tenir ferme contre les ruses du diable" (verset 11). Paul r√©p√®te que nous devons √™tre capables de tenir ferme, ce qui nous montre l'importance de cette attitude. "C'est pourquoi, prenez toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir r√©sister dans le mauvais jour, et tenir ferme apr√®s avoir tout surmont√©" (verset 13). Quel est ce mauvais jour ? C'est le jour o√Ļ Satan vous attaque par ses tentations, le jour o√Ļ vous √™tes assailli. Paul r√©p√®te au d√©but du verset 14 : "Tenez donc ferme."

Le combat dont il est parl√© dans ce passage n'est pas men√© contre un homme, mais contre des esprits. Nous ne devons pas combattre des esprits comme nous combattrions des hommes, avec de grands moulinets de notre √©p√©e pour tenter de porter un coup mortel aux d√©mons. Notre combat est men√© en tenant ferme et en r√©sistant √† l'ennemi. L'√©l√©ment essentiel du combat est d'opposer la v√©rit√© aux mensonges de l'ennemi. "Soyez sobres, veillez. Votre adversaire, le diable, r√īde comme un lion rugissant, cherchant qui il d√©vorera. R√©sistez-lui avec une foi ferme" (1 Pie. 5:8-9). Nous pronon√ßons la Parole √©crite, dans notre cŇďur, ou √† haute voix si cela est n√©cessaire. Elle devient alors une Parole qui s'applique imm√©diatement √† notre vie.

L'armure décrite par Paul évoque l'image d'un soldat romain. Il nous présente un soldat romain du premier siècle, prêt à s'engager dans une bataille contre son ennemi. Paul s'efforce de nous montrer l'image d'un combat réel contre notre ennemi qui veut attaquer notre vie. Lorsque les soldats romains s'engageaient dans le combat, ils ne rompaient pas les rangs, et leurs boucliers étaient soudés les uns aux autres pendant qu'ils avançaient contre l'ennemi. Cette tactique les rendait invincibles lorsqu'ils partaient à l'assaut de l'ennemi dans la bataille.

Paul utilise l'image de l'armure du soldat romain de manière allégorique, pour représenter l'armure spirituelle dont nous devons être revêtus en tant que Chrétiens. Certaines armes du soldat romain sont omises, comme la lance. Car nous devons combattre la plupart de nos batailles de Chrétiens sur un plan individuel, dans notre vie privée, alors que nous sommes seuls. Dieu veut former le caractère individuel de chaque Chrétien.

Se revêtir de l'armure de Dieu consiste à comprendre l'Ecriture, et à l'appliquer de manière pratique dans notre vie.

  1. La ceinture de la v√©rit√©: Nous devons avoir une attitude d'honn√™tet√© et d'int√©grit√©. La v√©rit√© est la Parole de Dieu. C'est aussi J√©sus. La v√©rit√© est notre fondement. Tout ce que fait un Chr√©tien doit √™tre fond√© sur la v√©rit√©, qui consiste √† appliquer la Parole de Dieu dans notre vie. Si nous marchons dans la v√©rit√©, l'ennemi ne pourra pas nous entra√ģner dans ses voies. Toutes nos voies doivent √™tre dans la v√©rit√©, afin que nous puissions √™tre pr√™ts √† utiliser la Parole dans toute situation qui pourrait √™tre contraire aux voies de Dieu.
  2. La cuirasse de la justice est notre dispositif de protection: La cuirasse prot√®ge nos organes vitaux. Satan nous attaque souvent dans le domaine de la justice, en nous accusant de ne pas √™tre justes. Nous nous appuyons sur les m√©rites de J√©sus, et nous ne comptons pas sur notre propre justice. Personne ne peut √™tre juste de sa propre justice. Nous sommes rev√™tus de la justice de Christ (Esa√Įe 59:17, Phil. 3:9, 2 Cor. 5:21). Nous occupons une position de justice, et nous sommes chaque jour conform√©s au Fils de Dieu, qui nous sanctifie de mani√®re pratique. Si nous faisons ce qui nous est demand√©, m√™me lorsque nous chutons, l'ennemi ne peut pas nous culpabiliser. Si nous nous reposons sur les m√©rites du Seigneur J√©sus, nous n'aurons pas besoin de nous punir pour nos manquements.
  3. Les sandales du z√®le doivent chausser nos pieds, qui doivent √™tre pr√™ts √† aller porter l'Evangile de paix: Nous devons √™tre des serviteurs de notre Seigneur, √©tant morts √† nos motivations personnelles, et vivant pour satisfaire les Siennes. Le soldat romain portait des sandales sp√©ciales, qui lui donnaient la s√©curit√© sur le champ de bataille. Cela fait r√©f√©rence √† Romains 10:15 : "Qu'ils sont beaux les pieds de ceux qui annoncent la paix, de ceux qui annoncent de bonnes nouvelles !" C'est l'une des raisons pour lesquelles notre vie pratique avec le Seigneur n'a rien √† voir avec le fait de lier et de d√©lier. Nous n'apportons l'Evangile qu'√† ceux qui ont besoin d'√™tre sauv√©s. Nous ne t√©moignons pas aux anges d√©chus (Esa√Įe 52:7). L'Evangile doit devenir notre propri√©t√©. Paul disait : "Selon mon Evangile‚Ķ" (Rom. 2:16). Nous sommes ambassadeurs de Christ pour exhorter les hommes √† faire la paix avec Dieu (2 Cor. 5:18-21).
  4. Le bouclier de la foi: Il nous protège des traits enflammés de l'ennemi. Il s'agissait d'un bouclier assez grand pour protéger tout le corps. Le diable nous envoie toutes sortes de pensées pour nous pousser à pécher. Quand nous péchons, il nous met sous la condamnation, et nous fait croire que nous ne pouvons pas nous approcher de Dieu, parce qu'Il ne nous pardonnera pas. Faisons confiance à Christ, sachant qu'Il est avec nous, et qu'Il intercède en notre faveur. Ses promesses sont vraies. Ne laissons pas les mensonges de l'ennemi nous atteindre (Genèse 15:1-6). Apprenons à orienter notre bouclier dans la bonne direction. Cela signifie que nous devons faire face à l'ennemi, et ne pas lui tourner le dos. Si nous apprenons à faire confiance à Dieu alors que toute voie humaine semble bouchée, l'ennemi ne parviendra pas à planter en nous ses semences de doute et de désespoir. Elles seront arrêtées par notre bouclier.
  5. Le casque du salut: Nous devons savoir d'o√Ļ nous venons et o√Ļ nous allons. Notre avenir est garanti. Le casque doit prot√©ger nos pens√©es. Nous ne devons pas oublier que nous sommes en Christ, et nous ne devons pas quitter le terrain de la foi. Si nous doutons dans nos pens√©es, cela aura une influence n√©gative sur notre marche et sur notre comportement dans le combat. Nos pens√©es sont souvent attaqu√©es par des pens√©es de condamnation. L'ennemi veut nous faire douter de notre salut, ou nous faire croire que nous ne sommes pas assez bons. Quand nous avons une juste connaissance de notre relation avec J√©sus, cela nous permet de repousser toutes les questions qui essayent de p√©n√©trer dans nos pens√©es, pour introduire en nous la culpabilit√© (Esa√Įe 59:17). Nous tenons ferme dans l'Evangile et dans la v√©rit√© du Seigneur.
  6. L'épée de l'Esprit: C'est notre arme offensive pour vaincre dans le combat. Nous devons nous rappeler les promesses du Seigneur, et toute parole applicable à notre situation immédiate. Les vérités éternelles de Dieu doivent être opposées à tout ce qui leur est contraire, afin de détruire tous les faux arguments qui se déguisent en vérités spirituelles. La Parole de Dieu peut trancher et révéler toutes choses (Hébreux 4:12). Elle accomplira son ministère dans notre vie, si nous apprenons à l'employer avec habileté et dans la foi. Lorsque nous sommes défiés par les philosophies et la culture du monde qui nous entoure, c'est la Parole de Dieu qui peut les corriger. Toute la Parole de Dieu est à notre disposition, pour toutes les situations. Nous devons être dans le monde chaque jour, pour mener les combats qui peuvent se présenter à tout moment. Si vous êtes un piètre lecteur de la Bible, et si votre compréhension spirituelle est déficiente, vous marcherez dans la défaite. Nous devons appliquer toutes les connaissances que nous recevons dans notre marche pratique.
  7. Nous devons faire par l'Esprit toutes sortes de pri√®res et de supplications, pour les autres et pour nous-m√™mes, √©tant toujours pr√™ts √† prier le Seigneur √† la moindre occasion, afin de ne pas nous appuyer sur nos propres forces. C'est un moyen de d√©fense. Si quelqu'un nous demande de ne pas prier, c'est exactement ce que nous ne devons pas faire ! J√©sus a dit : "Veillez et priez, afin que vous ne tombiez pas dans la tentation" (Mat. 26:41). Un manque de pri√®re aboutit √† un manque de puissance. C'est le meilleur moyen d'√™tre vaincu ! Nous devons nous entra√ģner √† √™tre toujours dans une attitude de pri√®re, afin de d√©pendre compl√®tement de Dieu. Il existe toutes sortes de pri√®res adress√©es √† Dieu. Les termes peuvent changer, mais le principe reste le m√™me : √™tre toujours tourn√© vers Dieu et d√©pendre toujours de Lui.

R√©sum√© :

 

  1. Revêtez-vous chaque jour de toute l'armure de Dieu (Ephésiens 6:11-18). Vous le ferez en lisant la Parole de Dieu, en connaissant Christ et en obéissant à Ses enseignements. Lorsque nous occupons notre position en Christ, nous sommes victorieux. Il combat pour nous, et nous sommes fermes en Lui.
  2. Soyons sobres, et prenons garde à Satan et à ses ruses (2 Pierre 5:8-9). Surveillons notre ennemi, et soyons prêts à affronter ses attaques et à contrer tout ce qu'il fait pour nous distraire. Il se montre très discret à certains moments, et très actif à d'autres moments.
  3. Ne donnez aucune place √† Satan (Eph√©siens 4:27 et Jacques 4:7). R√©sistez √† ses tentations d√®s que vous les d√©couvrez dans vos pens√©es. N'ignorez pas les stratag√®mes de Satan, ses plans et son d√©sir de tromper et de s√©duire (2 Cor. 2:11). Evitez de vous engager dans des situations o√Ļ vous savez que vous √™tes faibles. Entra√ģnez-vous √† vous concentrer sur Christ et sur Sa Parole.
  4. Nous avons la victoire sur Satan en nous appuyant sur la Parole de Dieu et sur la puissance du Saint-Esprit, qui nous fortifie dans nos points faibles (Matthieu 1:11 et 1 Jean 2:14).
  5. Nous avons la victoire sur Satan par le sang de Jésus et par la parole de notre témoignage (Apoc. 12:11). Satan ne peut pas nous ébranler si nous tenons fermes à Christ par la foi. Ayez une pleine assurance du changement qui s'est passé dans votre vie, et confiez-vous dans la promesse de votre purification par le Seigneur.
  6. Nous avons la victoire sur Satan dans le nom de Jésus-Christ, et par Ses mérites (Ephésiens 2:20-22). C'est notre position en Christ qui nous donne la victoire. Sachez quelle est votre position en Lui, et ne combattez pas en vous appuyant sur vos propres forces.
  7. Veillez et priez, afin de ne pas tomber dans la tentation (Matthieu 28:41 et 6:13). Nous devons marcher avec prudence, sachant que le malin nous entoure, et qu'il peut nous influencer et affecter notre vie spirituelle.
  8. Connaissant votre position en Christ, ne comptez pas sur les expériences pour votre marche spirituelle. Marchez en suivant ce qu'Il a dit dans Sa Parole, et pas ce qu'Il n'a pas dit, ou par ce que les autres peuvent dire.

 


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